Ethique de la Robotique : publication d’un rapport de l’UNESCO

Ethique de la Robotique : publication d’un rapport de l’UNESCO

ethique et robotique

La Commission mondiale d’éthique des connaissances scientifiques et des technologies (COMEST) a récemment publié un rapport sur les questions éthiques soulevées par la robotique.

La robotique se développe à grande vitesse ; les robots deviennent de plus en plus « autonomes » : qui devrait porter la responsabilité éthique et morale des robots ?

Alors que les technologies robotiques étaient, à l’origine, destinées essentiellement à des fins militaires et industrielles, elles prennent actuellement de multiples formes, dans les domaines des transports, de l’éducation, de la santé, de l’aide à la personne, de la robotique domestique, etc.

Par ailleurs, la robotique repose de plus en plus sur l’intelligence artificielle, à base d’algorithmes. On parle ainsi de robots « cognitifs » qui sont capables d’apprendre à partir de leurs expériences passées et de recalibrer eux-mêmes leurs algorithmes ; par conséquent, leur comportement ne sera pas entièrement prévisible, ce qui demande une sérieuse réflexion éthique.

Par exemple, en ce qui concerne les voitures autonomes, la question essentielle sur le plan éthique concerne les processus décisionnels intégrés à ces véhicules autonomes. Comment le véhicule devra-t-il être programmé à se comporter dans l’éventualité d’un accident impossible à éviter ? Devra-t-il chercher à réduire au minimum le nombre de victimes, même si cela signifie sacrifier ses occupants, ou bien devra-t-il protéger ces derniers à tout prix ? De telles questions devraient-elles être réglementées par la loi, des normes ou des codes de conduite ?

Le rapport propose une réflexion autour de valeurs et principes éthiques qui concernent la dignité humaine, l’autonomie des personnes, le respect de la vie privée,l’innocuité, la responsabilité, la bienfaisance et la justice.

Quelques extraits du rapport :

« La dignité est intrinsèque aux êtres humains mais non aux machines et aux robots. Il n’est pas possible, par conséquent, d’assimiler les robots à des êtres humains, même dans le cas de robots androïdes ayant l’apparence séductrice d’un être humain ou de robots cognitifs puissants dotés de capacités d’apprentissage supérieures aux capacités cognitives humaines individuelles. Les robots ne sont pas des êtres humains ; ils sont le produit de la créativité humaine et ont besoin, pour être efficaces et demeurer des outils ou des médiateurs efficients, d’un système de soutien technique. »

« Le principe d’innocuité désigne la ligne à ne pas franchir par les robots. Comme nombre de technologies, les robots ont potentiellement un « double usage ». Ils sont généralement conçus à des fins utiles ou positives (par exemple, réduire les risques sur le lieu de travail), pour aider les êtres humains et non pour leur porter préjudice ou pour porter atteinte à leur vie. (…). Si l’on prend ce principe éthique au sérieux, il est nécessaire de se demander si les armes autonomes et les drones armés devraient être interdits. »

« Les robots déterministes, et même les robots cognitifs sophistiqués, ne peuvent endosser une quelconque responsabilité éthique ; cette responsabilité est celle du concepteur, du fabricant, du vendeur, de l’utilisateur et de l’État. Les êtres humains, par conséquent, doivent toujours être dans le circuit et avoir la possibilité de contrôler un robot par différents moyens (traçabilité, coupe-circuit), afin de maintenir la responsabilité humaine sur les plans moral et légal. »

Cette approche rejoint les recommandations en cours d’élaboration au niveau des instances européennes et nationales, avec comme points d’attention, que les robots n’échappent pas à la maîtrise humaine et l’organisation de la mutation du travail humain.

Conseil de l’Europe : pertinence et enjeux de la Convention d’Oviedo

Conseil de l’Europe : pertinence et enjeux de la Convention d’Oviedo

Conseil de l’Europe : pertinence et enjeux de la Convention d’Oviedo

 

Le Comité de bioéthique (DH-BIO) du Conseil de l’Europe a organisé, les 24 et 25 octobre 2017, une conférence internationale sur la pertinence et les enjeux de la Convention sur les droits de l’homme et la biomédecine (dite d’Oviedo), 20 ans après son adoption.

Cette convention internationale est le seul instrument juridique international contraignant pour « la protection des Droits de l’Homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine ». C’est un texte de référence qui reprend les principes des droits de l’homme pour les appliquer à la médecine pour la protection des droits de l’Homme. Signée le 4 avril 1997, la convention est entrée en vigueur en décembre 1999. 29 Etats membres du Conseil de l’Europe l’ont ratifiée.

En matière de recherche, le texte, s’il laisse la question de la recherche sur l’embryon à la convenance des législations nationales, prohibe la constitution d’embryons humains aux fins de recherche.

En ce qui concerne le génome humain, l’article 13 indique que toute intervention de modifier le génome humain ne peut être entreprise si elle introduit une modification dans la descendance.

C’est d’ailleurs en s’appuyant sur ce fondement, qu’une recommandation a été votée le 12 octobre par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe pour réaffirmer l’interdiction d’induire des grossesses issues d’embryons ou de gamètes qui auraient été modifiés génétiquement, et de constituer des règles communes dans les 47 Etats membres du Conseil de l’Europe.

Le représentant britannique du DH BIO a contesté la Convention, la jugeant trop rigide, et a demandé son évolution en ce qui concerne les modifications sur le génome humain. Ses propos ont soulevé une vive controverse d’autant que le Royaume-Uni n’a pas ratifié la Convention. La tension était palpable entre les tenants de valeurs attachées à la dignité humaine et ceux qui poussent à une recherche sans limite.

Plusieurs intervenants ont appelé à un débat public éclairé pour renouer la confiance envers la médecine. Tenir compte des valeurs éthiques et des valeurs des droits de l’homme n’est pas un obstacle, mais au contraire un encouragement à une science en conscience.

[CP] Enquête de rue « Qu’aimeriez-vous faire avant de mourir ? »

[CP] Enquête de rue « Qu’aimeriez-vous faire avant de mourir ? »

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A l’approche du 2 novembre 2017, journée des défunts, Alliance VITA a mené une enquête de rue auprès de 4 587 personnes en leur posant la question « Qu’aimeriez-vous faire avant de mourir ? »

Le jeudi 19 octobre, plus de 1000 volontaires du réseau Alliance VITA ont réalisé une enquête de rue dans près de 100 centres villes et ont interrogé les passants âgés de 18 ans et plus avant de leur offrir le guide des directives anticipées. Des milliers de conversations sur la vie avant la mort se sont ouvertes…

Les résultats de cette enquête mettent en valeur un paradoxe : si la mort reste un sujet difficile à aborder, échanger sur cette question permet de dialoguer en profondeur sur le sens de l’humanité et les liens qui unissent les êtres humains. Cette étude révèle qu’il est possible de dépasser le tabou de la mort et d’en parler de façon humanisante. Plus précisément, les résultats font ressortir les aspects suivants :

  • Paradoxalement, évoquer ce sujet « tabou » avec un inconnu crée de l’empathie ; parler de la mort permet de libérer des énergies positives : une complicité naturelle apparaît entre les personnes.
  • Parler de la mort offre l’occasion de préciser ce qui est considéré comme un meilleur accomplissement, comme si penser sa mort provoquait le désir de vivre pleinement :
    • découvrir de nouveaux territoires (aux sens propre et figuré),
    • rechercher des sensations fortes y compris dans la pratique de sports extrêmes,
    • aimer et être aimé dans ses dimensions morales et physiques (y compris de relations intimes)
    • vivre des moments conviviaux (fêtes, célébrations…) perçus comme « intégrant » la personne à la communauté humaine.
  • Parler de la mort c’est à la fois penser aux éléments les plus concrets qui s’imposent à la fin de vie,  (confort médical, sécurité matérielle des proches) et se soucier des questions spirituelles (trouver la paix, demander pardon, vivre sa religion…).

Loin des clichés, cette enquête de rue montre que réfléchir à partir de la condition de mortels est source d’apaisement, de complicité et de fraternité. Peut-être est-ce une incitation à dépasser ce tabou de la mort, très prégnant dans les sociétés occidentales, pour contribuer à un peu plus d’humanité ?

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==> Voir les résultats de l’enquête de rue

Enquête de rue – Qu’aimeriez-vous faire avant de mourir ?

Le 19 octobre 2017, plus de mille volontaires d’Alliance VITA se sont lancés dans une enquête de rue, interrogent les passants, dans une centaine de centre-villes : « Qu’aimeriez-vous faire avant de mourir ? », dans le cadre du lancement de la campagne « ANTICIPONS, avant de mourir ». Dans un micro-trottoir, quelques réactions de passants à cette question :

 

Sondage IFOP : les Français et les Directives anticipées

Sondage IFOP : les Français et les Directives anticipées

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Réalisé par l’IFOP, le sondage révèle que 86% des Français n’ont pas encore rédigé leurs directives anticipées, alors que ce dispositif a été renforcé par la loi du 2 février 2016 et que les pouvoirs publics ont informé les Français au travers d’une campagne du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie.

42% des Français, qui déclarent ne pas les avoir rédigées, ignorent encore l’existence de ce dispositif.

D’autres motifs explicitent le peu d’engouement pour les directives anticipées chez ceux qui connaissent leur existence :

  • 16 % ne souhaitent pas penser à leur fin de vie ;
  • 13 % ne trouvent pas légitime de décider par avance de ce qui sera bon pour eux en fin de vie ;
  • 8 % voudraient le faire mais trouvent cela trop compliqué.

 

Alliance VITA note que 21 % des Français (qui connaissent les directives anticipées et ne les ont pas rédigées) ne se retrouvent pas dans ces mobiles.

Peut-être préfèrent-ils faire confiance à leurs soignants et à leurs proches ?

Une différence d’appréciation pour les plus de 65 ans

Les personnes les plus naturellement concernées, âgées de plus de 65 ans,

  • ignorent moins l’existence des directives anticipées : 34% ignorent leur existence (contre 42% tous âges confondus) ;
  • se montrent plus réticentes à décider par avance : 21% ne trouvent « pas légitime de décider par avance » (contre 13% tous âges confondus) ;
  • trouvent cela compliqué : 12% estiment la démarche « compliquée » (contre 8% tous âges confondus).

Confronté à la réalité, il n’est peut-être pas si simple de prévoir.